
Kinshasa, 13 août 2025 – Les États-Unis viennent de serrer l’étau autour des acteurs qui saignent l’Est de la République démocratique du Congo. Mardi, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain a annoncé des sanctions visant des entités accusées de nourrir la violence et de piller les ressources minières du pays.
Le M23 et ses réseaux dans le viseur
Dans son communiqué, le Trésor américain pointe la responsabilité de groupes armés, dont le Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par le Rwanda, dans l’instabilité chronique de l’Est du pays. Des milliers de civils tués, des millions déplacés, et un chaos entretenu pour mieux exploiter les richesses du sous-sol congolais.
« Les sanctions d’aujourd’hui visent spécifiquement l’un de ces groupes armés impliqué dans des opérations minières illégales à Rubaya et qui écoule ses minerais sur les marchés internationaux, souvent via le Rwanda », a dénoncé John K. Hurley, sous-secrétaire au Trésor chargé de la lutte contre le terrorisme et du renseignement financier.
Le commerce des minerais de sang dans le collimateur
Pour Washington, ce trafic n’est pas seulement un problème local :
« Le commerce des minerais de conflit fait des ravages parmi les civils congolais, alimente la corruption et empêche les entreprises respectueuses de la loi d’investir en RDC », a martelé Hurley.
Et le message est clair : les États-Unis n’hésiteront pas à frapper tous ceux qui bloquent leur accès et celui de leurs alliés aux minerais stratégiques essentiels à leur défense nationale.
Une guerre qui se finance dans les mines
Ces sanctions s’inscrivent dans une série de mesures destinées à couper les circuits de financement des groupes armés qui prospèrent grâce à l’exploitation illégale de l’or, du coltan, de la cassitérite et du tungstène. Des ressources qui quittent la RDC par des voies détournées, alimentant un marché noir international au prix du sang congolais.



