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RDC : Peter Kazadi accuse la coalition « C64 » d’être le relais politique de l’AFC/M23 et des intérêts rwandais

Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, Peter Kazadi, ancien Vice-Premier ministre de l’Intérieur et député national, a vivement réagi à l’émergence de la coalition dite « C64 », qu’il considère comme une plateforme politique de déstabilisation de la République démocratique du Congo.

Selon l’ancien patron de l’Intérieur, cette coalition ne constituerait pas une simple initiative politique ou citoyenne, mais plutôt « un habillage politique » d’un projet déjà porté sur le terrain militaire par l’AFC/M23, mouvement rebelle soutenu, selon Kinshasa, par le Rwanda et le président Paul Kagame.

Une lecture politique de l’article 64 de la Constitution

Dans son analyse, Peter Kazadi s’appuie sur l’article 64 de la Constitution congolaise, notamment son alinéa 2, qui impose à chaque citoyen le devoir de « faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation de la Constitution ».

Pour l’élu national, les membres de la coalition C64 auraient dû, au regard de cette disposition constitutionnelle, se positionner clairement contre l’occupation d’une partie du territoire national par les rebelles du M23 et les forces étrangères accusées d’appuyer cette rébellion.

« Leur silence n’est ni neutre ni innocent », affirme-t-il, estimant que cette absence de condamnation publique de l’agression rwandaise traduit une forme de « complicité politique et morale » avec les forces qui chercheraient à fragiliser l’État congolais.

Des accusations contre Joseph Kabila et des “relais internes”

Dans sa déclaration, Peter Kazadi cite également Joseph Kabila, accusé d’entretenir des connexions politiques avec des acteurs impliqués dans des dynamiques de déstabilisation du pays.

L’ancien VPM de l’Intérieur évoque l’existence de « relais internes acquis à une logique de trahison nationale », accusant certains acteurs politiques de concentrer leurs attaques contre les institutions républicaines pendant que les populations de l’Est continuent de subir violences, déplacements et massacres.

Pour lui, cette posture politique viserait à affaiblir le pouvoir en place au moment où celui-ci ferait face à des menaces sécuritaires et géopolitiques majeures.

“Le peuple congolais ne doit pas être dupe”

Dans un ton alarmiste, Peter Kazadi estime que derrière les discours et slogans portés par le C64 se cacherait « une véritable entreprise de subversion politique » au profit d’intérêts étrangers hostiles à la souveraineté nationale.

Il accuse les animateurs de cette coalition de s’aligner « objectivement » sur les intérêts stratégiques de Kigali et de chercher à créer les conditions d’un basculement institutionnel contraire à la volonté populaire.

L’ancien ministre appelle ainsi les Congolais à un « sursaut patriotique et républicain », invitant la population à demeurer vigilante face à ce qu’il considère comme une menace contre l’intégrité territoriale et les institutions démocratiques de la RDC.

Un climat politique de plus en plus tendu

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires en République démocratique du Congo, marqué par la résurgence du conflit dans l’Est du pays, les débats autour de l’article 64 de la Constitution et la multiplication des initiatives politiques opposées aux institutions en place.

Alors que les positions se radicalisent au sein de la classe politique congolaise, les déclarations de Peter Kazadi traduisent l’ampleur des fractures autour des questions de souveraineté nationale, de sécurité et d’avenir institutionnel du pays.

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