
La scène politique congolaise connaît un nouvel épisode de fortes tensions au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Quelques heures seulement après une sortie médiatique controversée de Jean-Marc Kabund, le secrétaire général du parti présidentiel, Augustin Kabuya, est monté au créneau pour répondre avec virulence aux accusations portées contre le régime en place.
Une riposte frontale et sans concession
Dans une déclaration publique, Augustin Kabuya a rejeté catégoriquement les propos de Jean-Marc Kabund, qui avait qualifié le pouvoir actuel de « régime des jouisseurs ». Le SG de l’UDPS a contre-attaqué en mettant en cause l’enrichissement présumé de son ancien camarade politique.
Selon lui, Kabund devrait d’abord expliquer l’origine des moyens financiers ayant permis la construction de son « château » à Kingabwa. Kabuya a insisté sur le contraste entre les débuts modestes de Kabund à son arrivée à Kinshasa et son ascension matérielle rapide sous le régime actuel.
Accusations liées aux ressources minières
Dans un registre plus grave, Augustin Kabuya a évoqué des différends entre Kabund et le chef de l’État, Félix Tshisekedi. Il affirme que ces tensions seraient liées à des carrés miniers que Kabund aurait « confisqués illégalement » dans l’espace du Grand Katanga.
Des accusations lourdes qui, si elles étaient avérées, pourraient raviver le débat sur la gouvernance des ressources naturelles en République démocratique du Congo, un secteur historiquement sensible et stratégique.
Une stratégie de décrédibilisation politique
Au-delà des questions financières et judiciaires, le secrétaire général de l’UDPS a cherché à minimiser le poids politique de Jean-Marc Kabund. Il l’a qualifié de « peureux » et a remis en cause ses capacités de mobilisation populaire, évoquant notamment ses meetings à Kinshasa.
Kabuya a également révélé avoir lui-même plaidé pour que Kabund ne soit pas empêché de tenir ses rassemblements, estimant que ceux-ci ne représentaient pas une menace significative pour le pouvoir en place.
La question sensible de la grâce présidentielle
Un autre point central de cette sortie médiatique concerne la libération de Jean-Marc Kabund. Augustin Kabuya a rejeté l’idée selon laquelle l’ancien cadre de l’UDPS aurait triomphé de la justice, affirmant plutôt que sa sortie de prison résulte d’une grâce présidentielle accordée par Félix Tshisekedi.
Dans ce contexte, Kabuya accuse Kabund d’« ingratitude », allant jusqu’à révéler l’existence de démarches indirectes entreprises par ce dernier pour solliciter le pardon du chef de l’État. Il cite notamment plusieurs personnalités politiques et proches du pouvoir comme témoins potentiels de ces démarches.
Un climat politique de plus en plus tendu
Cette passe d’armes publique illustre la fragmentation persistante de la classe politique congolaise, y compris au sein des anciens alliés du pouvoir. La rupture entre Jean-Marc Kabund et l’UDPS continue de produire des répliques médiatiques à forte charge politique, à mesure que les échéances électorales et les recompositions stratégiques se profilent.
Dans un contexte déjà marqué par des défis sécuritaires et économiques majeurs, ces tensions internes pourraient influencer l’équilibre politique national et redéfinir les rapports de force au sein de l’opposition comme de la majorité.
Par : Coco Kingson Cabamba



