
Le maire de la ville de Tshikapa, Faustin Lumuluabu, a rejeté les accusations selon lesquelles il aurait publiquement déchiré une copie de la Constitution de la République démocratique du Congo. Lors d’un point de presse organisé ce lundi, l’autorité urbaine a qualifié ces informations de « mauvaise interprétation » de son geste et de ses déclarations.
Face à la polémique suscitée par une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, Faustin Lumuluabu a tenu à apporter sa version des faits. Il affirme n’avoir jamais porté atteinte au texte fondamental de la République.
« En ma qualité de scientifique, je ne peux pas déchirer un livre scientifique, quel qu’il soit, car ce serait un acte de lèse-majesté. Avocat de mon état et enseignant de droit constitutionnel, je connais la portée de ce que l’on appelle la Constitution », a-t-il déclaré devant la presse.
Selon le maire, le geste controversé concernait uniquement une feuille arrachée de son propre carnet, utilisée à titre symbolique pour illustrer son propos, et non une copie de la Constitution comme cela a été largement rapporté.
Une réponse aux accusations
Cette mise au point intervient alors que l’Assemblée provinciale du Kasaï a adopté une recommandation demandant au gouverneur de province de suspendre le maire de Tshikapa. Les députés provinciaux estiment que son geste aurait constitué un acte de nature à porter atteinte au respect dû à la Constitution.
En réaction, Faustin Lumuluabu estime que la procédure engagée contre lui ne respecte pas les principes fondamentaux du droit.
« Avant toute décision, j’aurais dû être convoqué afin de présenter mes explications et exercer pleinement mon droit à la défense », a-t-il soutenu, dénonçant une démarche qu’il juge précipitée.
Un soutien assumé à la révision de la Constitution
Au cours de cette rencontre avec les médias, le maire de Tshikapa a également réaffirmé sa position favorable à une révision de la Constitution. Il a toutefois précisé que défendre une réforme constitutionnelle ne signifie nullement manquer de respect au texte actuellement en vigueur.
Pour lui, le débat sur une éventuelle modification de la Constitution relève du jeu démocratique et doit pouvoir être mené dans le respect des institutions et des procédures prévues par la loi.
Une polémique toujours au cœur du débat
Les explications du maire interviennent dans un contexte où cette affaire continue d’alimenter les débats au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Reste désormais à savoir si ces clarifications influenceront la suite de la procédure engagée à son encontre et la décision que prendra le gouverneur du Kasaï concernant la recommandation formulée par l’Assemblée provinciale.
En attendant, Faustin Lumuluabu maintient qu’il n’a jamais déchiré une copie de la Constitution et appelle au respect de la présomption d’innocence ainsi que de son droit à une défense équitable.



