Accueil / Politique / Félix Tshisekedi plaide pour une nouvelle gouvernance des ressources minières devant Cyril Ramaphosa

Félix Tshisekedi plaide pour une nouvelle gouvernance des ressources minières devant Cyril Ramaphosa

Kinshasa, 2 juillet 2026 – En recevant le président sud-africain Cyril Ramaphosa à Kinshasa ce jeudi, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a réaffirmé sa volonté de transformer profondément le modèle de gestion des ressources naturelles du pays. Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires persistants dans l’Est de la RDC et les enjeux liés à l’exploitation des minerais stratégiques, le Chef de l’État congolais a plaidé pour une rupture avec les pratiques qui, selon lui, ont longtemps favorisé la prédation des richesses nationales.

Face à son homologue sud-africain, Félix Tshisekedi a rappelé que les immenses ressources minières de la RDC ne doivent plus être associées aux conflits armés, aux trafics illicites et au pillage économique, mais devenir un levier de développement durable et de prospérité pour les populations congolaises.

Une nouvelle vision pour les minerais congolais

Le Président congolais a insisté sur la nécessité d’opérer un changement de paradigme dans la gouvernance des ressources naturelles. Pour Kinshasa, les minerais stratégiques – indispensables à la transition énergétique mondiale – doivent désormais servir en priorité les intérêts du peuple congolais.

Cette vision gouvernementale repose notamment sur trois axes majeurs :

  • mettre fin aux circuits de prédation économique et à l’exploitation illicite des ressources naturelles ;
  • promouvoir la transformation industrielle locale afin d’accroître la valeur ajoutée des minerais avant leur exportation ;
  • faire des ressources minières un véritable moteur de croissance économique, de création d’emplois et de développement national.

Selon Félix Tshisekedi, l’objectif est de passer progressivement d’une économie essentiellement tournée vers l’exportation de matières premières brutes à une économie fondée sur l’industrialisation et la transformation locale.

La souveraineté économique au cœur des priorités

Le Chef de l’État considère que la souveraineté économique constitue désormais un enjeu stratégique pour la RDC. À ses yeux, la maîtrise de la chaîne de valeur minière représente une condition essentielle pour réduire la dépendance extérieure et renforcer les capacités économiques du pays.

Cette orientation intervient alors que la République démocratique du Congo demeure l’un des principaux producteurs mondiaux de cobalt, de cuivre, de coltan et d’autres minerais critiques indispensables aux industries des batteries électriques, des technologies numériques et de la transition énergétique.

Une coopération renforcée avec l’Afrique du Sud

La visite officielle de Cyril Ramaphosa s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre la RDC et l’Afrique du Sud. Les deux pays souhaitent approfondir leur coopération dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les mines, l’énergie, les infrastructures, l’industrie et les investissements.

Kinshasa espère notamment attirer davantage de partenaires capables d’accompagner la transformation locale des ressources naturelles et le développement d’une industrie minière à forte valeur ajoutée.

Des attentes élevées

Si les orientations présentées par le Président Félix Tshisekedi traduisent une volonté politique affirmée, leur mise en œuvre nécessitera d’importants investissements, une amélioration du climat des affaires, le renforcement de la gouvernance publique ainsi que la sécurisation des zones minières.

De nombreux observateurs estiment que le succès de cette stratégie dépendra également de la capacité des autorités congolaises à lutter efficacement contre les réseaux d’exploitation illégale, à garantir la transparence dans le secteur extractif et à créer un environnement favorable aux investissements industriels.

Dans un contexte où la RDC occupe une place centrale dans l’approvisionnement mondial en minerais critiques, les autorités congolaises ambitionnent désormais de faire de ces ressources un véritable instrument de souveraineté économique et de développement national plutôt qu’un facteur de conflits et de convoitises.

Laisser un commentaire