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Kinshasa : le député provincial Aubain Mukanu dénonce un “gangstérisme institutionnel” au sein de l’Assemblée provinciale

La tension monte au sein de l’Assemblée provinciale de Kinshasa autour d’une initiative parlementaire visant le contrôle de la gestion de la capitale congolaise. Le député provincial Aubain Mukanu Isukama a vivement réagi après la décision du Bureau de l’Assemblée provinciale déclarant irrecevable sa question orale avec débat adressée au gouverneur de la ville, Daniel Bumba.

Dans une déclaration particulièrement sévère, l’élu provincial accuse le président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa de “dérive institutionnelle”, dénonçant ce qu’il qualifie de “gangstérisme” et de violation du règlement intérieur de l’organe délibérant.

Une notification “informelle” dénoncée

Selon le député Mukanu, la réponse du Bureau relative à sa question orale avec débat ne lui aurait pas été transmise par les canaux administratifs habituels. Il affirme avoir reçu une simple capture photographique du document, sans accusé de réception officiel ni notification administrative formelle.

Pour l’élu, cette procédure constituerait une entorse grave aux usages parlementaires et traduirait une volonté manifeste d’empêcher le contrôle démocratique de l’exécutif provincial.

“Cette précipitation inhabituelle et cette agitation autour d’un simple contrôle parlementaire démontrent clairement un malaise profond et une volonté manifeste d’empêcher que la lumière soit faite sur certaines zones d’ombre dans la gestion de la Ville de Kinshasa”, affirme-t-il.

Le document contesté, signé par le président de l’Assemblée provinciale Lévi Mbuta, invoque notamment les dispositions des articles 188 et 189 du règlement intérieur pour justifier l’irrecevabilité de la démarche parlementaire.

Le fond du désaccord : le contrôle de la gestion de Kinshasa

Au cœur de cette controverse se trouve une initiative parlementaire portant sur plusieurs aspects de la gestion de la capitale congolaise, notamment :

  • les infrastructures urbaines ;
  • l’insécurité ;
  • les embouteillages ;
  • l’insalubrité ;
  • les transports publics ;
  • la santé ;
  • l’éducation ;
  • ainsi que la gouvernance financière de la ville.

Le député provincial soutient que sa démarche entre pleinement dans les prérogatives constitutionnelles de contrôle parlementaire reconnues aux élus provinciaux.

Selon lui, aucun des motifs d’irrecevabilité prévus par l’article 188 du règlement intérieur ne peut être appliqué à sa question orale avec débat. Il rappelle que cet article vise principalement :

  • les attaques personnelles ;
  • les affaires privées ;
  • les matières étrangères aux compétences provinciales ;
  • les dossiers judiciaires en cours ;
  • ou encore les sujets déjà couverts par une enquête parlementaire active.

Le dossier sensible du Grand Marché

Parmi les points soulevés par le député figure également un avenant financier de 14 millions de dollars américains destiné à la finalisation des travaux du Grand Marché de Kinshasa.

L’élu provincial exige des explications sur :

  • les conditions d’engagement de cette somme ;
  • l’absence présumée de validation préalable par la plénière ;
  • l’autorité ayant autorisé cette opération ;
  • ainsi que l’utilisation effective des fonds publics concernés.

Pour Aubain Mukanu, le refus du débat parlementaire autour de ces questions nourrit davantage les soupçons d’opacité dans la gestion de la ville.

“Le peuple kinois a le droit de savoir comment les fonds publics sont utilisés”, insiste-t-il.

Une crise institutionnelle au sein de l’APK ?

Dans sa réaction, le député provincial estime que le véritable blocage au contrôle démocratique ne provient plus uniquement de l’exécutif provincial, mais également de certaines pratiques internes observées au sein du Bureau de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.

Il accuse notamment le Bureau d’avoir déjà empêché auparavant une initiative similaire portée par un autre député provincial, avant d’utiliser cette situation comme argument juridique pour bloquer sa propre démarche.

Pour Mukanu, cette situation révèle une contradiction institutionnelle grave susceptible d’affaiblir la crédibilité de l’Assemblée provinciale aux yeux de la population.

Kinshasa face aux critiques sur sa gouvernance

Cette polémique intervient dans un contexte de fortes critiques sur la gestion de la capitale congolaise, confrontée à de nombreux défis :

  • routes dégradées ;
  • embouteillages chroniques ;
  • insalubrité persistante ;
  • insécurité urbaine ;
  • marchés publics en mauvais état ;
  • et chantiers jugés interminables par plusieurs habitants.

Le député rappelle également que le président de la République, Félix Tshisekedi, avait lui-même récemment dénoncé la dégradation avancée de Kinshasa et le déficit d’autorité dans la gestion de la ville.

Appel à la transparence

En conclusion, Aubain Mukanu affirme vouloir saisir “toutes les instances compétentes” afin de faire respecter les mécanismes de contrôle parlementaire et restaurer, selon ses termes, “la dignité et l’indépendance” de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.

L’élu insiste enfin sur la nécessité pour le gouverneur Daniel Bumba de venir répondre publiquement aux préoccupations des représentants du peuple kinois, estimant que la crédibilité des institutions provinciales en dépend.

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