
Une publication largement relayée sur les réseaux sociaux et attribuée à l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Jean-François Le Drian, suscite de vives réactions en République démocratique du Congo. Le message, particulièrement virulent, qualifie l’ancien président Joseph Kabila de « traître à la patrie » et justifie les récentes déclarations du président Félix Tshisekedi à son encontre.
Dans ce texte diffusé sur la plateforme X (anciennement Twitter), l’auteur accuse Joseph Kabila d’avoir « pactisé avec le régime de Kigali » et de s’être rangé « aux côtés de l’axe M23/Rwanda ». La publication va plus loin en comparant sa supposée fidélité au président rwandais Paul Kagame à celle « d’un chien à son maître », des propos qui ont rapidement provoqué une vague de réactions dans les milieux politiques congolais.
Un contexte politique particulièrement tendu
Cette sortie intervient dans un climat déjà marqué par une forte détérioration des relations entre le pouvoir de Kinshasa et l’ancien chef de l’État. Depuis plusieurs mois, les autorités congolaises accusent Joseph Kabila d’entretenir des liens avec l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le mouvement rebelle M23, actif dans l’Est du pays.
Les tensions se sont accentuées après le retour de Joseph Kabila sur la scène politique congolaise et sa présence à Goma, une ville passée sous le contrôle de l’AFC/M23. Cette situation a conduit les autorités à engager plusieurs procédures judiciaires contre lui, notamment pour des accusations de trahison et de complicité avec des groupes armés.
Une publication qui divise
Pour les partisans du président Félix Tshisekedi, ce message reflète le sentiment d’une partie de l’opinion publique qui considère que l’ancien président porte une responsabilité dans la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC.
À l’inverse, les proches de Joseph Kabila dénoncent ce qu’ils qualifient de campagne de diabolisation politique. Ils estiment que les accusations portées contre l’ancien chef de l’État reposent davantage sur des considérations politiques que sur des preuves judiciaires établies.
Plusieurs observateurs soulignent également que l’authenticité et l’origine exacte de la publication continuent d’alimenter le débat sur les réseaux sociaux, où les prises de position concernant Joseph Kabila et Félix Tshisekedi demeurent particulièrement polarisées.
Une crise qui dépasse le cadre politique
Au-delà de la controverse suscitée par cette publication, le dossier Kabila reste au cœur des enjeux politiques et sécuritaires de la RDC. Le gouvernement congolais maintient ses accusations contre l’ancien président, tandis que ses soutiens dénoncent une instrumentalisation de la justice dans un contexte de rivalités politiques croissantes.
Alors que les combats se poursuivent dans l’Est du pays et que les relations entre Kinshasa et Kigali demeurent tendues, chaque déclaration publique impliquant Joseph Kabila ou Félix Tshisekedi continue de raviver les divisions au sein de la classe politique congolaise et de l’opinion nationale.
Victoria News suivra l’évolution de cette affaire et les éventuelles réactions officielles des personnalités concernées.



