
L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, est sorti de son silence médiatique à travers un entretien accordé au The New York Times, publié ce lundi. Dans une prise de parole rare, l’ex-chef de l’État a livré une analyse introspective de son passage au pouvoir, tout en lançant de vives critiques contre le régime actuel dirigé par Félix Tshisekedi.
Une reconnaissance inhabituelle d’un échec politique
Dans cet entretien, Joseph Kabila reconnaît explicitement ce qu’il qualifie de principal échec de ses 18 années à la tête du pays : ne pas avoir réussi à transformer en profondeur la citoyenneté congolaise.
« Mon plus grand échec est de ne pas avoir fait des Congolais de meilleurs citoyens », a-t-il déclaré.
Cette confession marque une rupture notable avec la ligne de défense traditionnellement adoptée par son entourage politique, souvent centré sur les acquis institutionnels et sécuritaires de son régime.
Offensive contre le pouvoir en place
Dans le même élan, l’ancien président s’en prend frontalement à l’actuelle gouvernance. Il accuse le régime de Félix Tshisekedi de dérives autoritaires, pointant notamment une restriction de l’espace démocratique et des atteintes aux libertés politiques.
Joseph Kabila rejette par ailleurs toute responsabilité concernant les accusations de répression durant son propre mandat. Il met au défi ses détracteurs de documenter l’existence de prisonniers politiques à son époque, relançant ainsi un débat sensible régulièrement soulevé par des organisations internationales de défense des droits humains.
Goma et la question du M23 : une position défensive
Interrogé sur sa présence à Goma, une ville sous influence du M23, Joseph Kabila affirme y résider pour des raisons strictement circonstancielles. Selon lui, sa sécurité dépend du contrôle territorial exercé par ce groupe armé.
Toutefois, il rejette catégoriquement toute forme de collaboration avec la rébellion :
« Essayer de relier la rébellion à M. Kabila est tout simplement stupide », a-t-il martelé.
Une sortie médiatique aux enjeux politiques majeurs
Cette prise de parole intervient dans un contexte politique et sécuritaire tendu en République démocratique du Congo, marqué par la persistance des conflits dans l’Est et une polarisation croissante du débat politique national.
En reconnaissant un échec tout en dénonçant la gouvernance actuelle, Joseph Kabila semble chercher à repositionner son image sur l’échiquier politique congolais, à un moment où les lignes de fracture entre pouvoir et opposition restent profondément marquées.
Reste à savoir si cette sortie médiatique ouvrira un nouveau chapitre de confrontation politique ou amorcera un débat de fond sur la gouvernance, la démocratie et la responsabilité des dirigeants en RDC.
Par ; Coco Kingson Cabamba



