
La controverse autour de la reconnaissance de Nkamba comme ville sainte en République démocratique du Congo prend de l’ampleur. Après la sortie médiatique de Fulgence Muteba contestant cette qualification proclamée par le président Félix Tshisekedi, une nouvelle réaction vigoureuse est venue du président de l’association Ne Kongo, Evin’s Tulomba Malembe.
Dans une déclaration au ton particulièrement offensif, Evin’s Tulomba s’en est pris directement à l’archevêque de Lubumbashi, l’accusant de mélanger convictions personnelles, positions politiques et attaques contre les institutions de la République.
« Il ne doit pas confondre sa haine envers le Président Félix Tshisekedi avec la réalité spirituelle et historique de Nkamba », a-t-il déclaré.
Une déclaration présidentielle à forte portée symbolique
La polémique trouve son origine dans la récente proclamation par le chef de l’État du statut de ville sainte accordé à Nkamba, haut lieu du kimbanguisme, religion d’origine congolaise fondée par Simon Kimbangu. Cette reconnaissance officielle a été saluée par une partie de l’opinion, notamment les fidèles de l’Église kimbanguiste, qui considèrent Nkamba comme leur « Jérusalem ».
Cependant, la prise de position de l’archevêque Fulgence Muteba a introduit une dissonance notable dans le paysage religieux congolais, en remettant en cause la légitimité d’une telle proclamation par une autorité politique.
Une réponse virulente et politisée
En réaction, Evin’s Tulomba a adopté un ton particulièrement dur, allant jusqu’à accuser l’archevêque de collusion avec des intérêts étrangers hostiles à la RDC :
« Est-il fatigué de faire ses courbettes chez Kagame et d’autres ennemis de la RDC dans le but de comploter contre la République ? »
Des propos qui témoignent d’une escalade verbale dans un débat désormais à la croisée des enjeux religieux, politiques et identitaires.
Le président de Ne Kongo a par ailleurs insisté sur le caractère antérieur et intrinsèque du statut spirituel de Nkamba :
« Nkamba est une ville sainte avant même l’annonce officielle par le Chef de l’État. »
Risques de tensions interconfessionnelles
Cette passe d’armes publique entre figures religieuses et associatives soulève des inquiétudes quant à une possible exacerbation des tensions interconfessionnelles en RDC. Le pays, marqué par une diversité religieuse importante, a souvent su préserver un équilibre fragile entre ses différentes communautés de foi.
Plusieurs observateurs appellent à la retenue dans les prises de parole publiques, estimant que l’instrumentalisation politique des questions religieuses pourrait fragiliser la cohésion nationale, dans un contexte déjà marqué par des défis sécuritaires et institutionnels.
Un débat loin d’être clos
Alors que les réactions continuent de se multiplier, cette affaire met en lumière les limites entre pouvoir politique et reconnaissance religieuse en RDC. Elle pose également la question du rôle des autorités étatiques dans la validation de statuts à caractère spirituel.
À ce stade, aucune réaction officielle supplémentaire n’a été enregistrée du côté de la présidence ou de l’Église catholique congolaise. Mais au regard de la virulence des échanges, le débat autour de Nkamba semble appelé à se poursuivre dans les prochains jours.

