
Kinshasa, 1er juin 2026 – Seize ans jour pour jour après la disparition tragique de l’activiste des droits humains Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana, de nombreuses voix continuent de réclamer que toute la lumière soit faite sur l’un des dossiers judiciaires les plus emblématiques de l’histoire récente de la République démocratique du Congo.
Le 1er juin 2010, Floribert Chebeya, alors directeur exécutif de l’organisation de défense des droits humains La Voix des Sans-Voix (VSV), et Fidèle Bazana se rendent au siège de l’Inspection générale de la Police nationale congolaise à Kinshasa pour un rendez-vous avec le général John Numbi. Le lendemain, le corps sans vie de Floribert Chebeya est retrouvé à Mitendi, dans la périphérie de Kinshasa, tandis que Fidèle Bazana disparaît sans laisser de traces. Son corps n’a jamais été retrouvé.
Cette affaire a suscité une forte émotion tant au niveau national qu’international. Au fil des années, plusieurs procès ont conduit à la condamnation de policiers impliqués dans le dossier, tandis que les enquêtes et procédures judiciaires se sont poursuivies afin d’établir toutes les responsabilités.
En 2021, la Haute Cour militaire a officiellement inculpé l’ancien général John Numbi pour son implication présumée dans le double assassinat. Plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains l’ont présenté comme le commanditaire présumé de ces crimes et ont appelé à ce que la justice poursuive son travail jusqu’à son terme.
Par ailleurs, au cours des différentes procédures judiciaires, certains témoignages et déclarations ont évoqué d’éventuelles responsabilités à des niveaux supérieurs de l’État de l’époque. Toutefois, aucune décision de justice définitive n’a établi la responsabilité pénale personnelle de l’ancien président Joseph Kabila dans cette affaire.
Seize ans après les faits, les familles des victimes, les défenseurs des droits humains ainsi que plusieurs organisations de la société civile continuent de réclamer vérité, justice et réparation. Pour beaucoup, l’affaire Chebeya-Bazana demeure un symbole de la lutte contre l’impunité et pour la protection des défenseurs des droits humains en République démocratique du Congo.
Alors que le pays poursuit son chemin vers le renforcement de l’État de droit, le souvenir de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana reste profondément ancré dans la mémoire collective congolaise comme celui de deux hommes dont le combat pour la justice et les libertés fondamentales continue d’inspirer plusieurs générations.

