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Crise au sein de la NOGEC, le collectif des cadres écarte Constant Mutamba et confie la direction politique à Dolly Mwanza

Kinshasa, 30 mai 2026 – La Nouvelle Génération pour le Congo (NOGEC) traverse une importante zone de turbulences. Dans un procès-verbal daté du 30 mai 2026 et signé par plusieurs cadres ainsi que des responsables des structures de base du parti, un collectif affirme avoir constaté l’« empêchement définitif » de l’autorité morale de la formation politique, Constant Mutamba Tungunga, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle configuration de la direction du mouvement.

Selon ce document, les signataires estiment que la situation judiciaire de Constant Mutamba ne lui permet plus de continuer à exercer les fonctions de direction et d’orientation politique de la NOGEC. Ils fondent leur décision sur une condamnation devenue irrévocable à trois ans de réclusion pénale, prononcée par la Cour de cassation le 2 septembre 2025 dans une affaire de détournement présumé de deniers publics.

Une décision motivée par l’« empêchement définitif »

Dans le procès-verbal portant le numéro 23/05/NOGEC/2026, le collectif soutient que cette condamnation constitue un obstacle définitif empêchant désormais l’ancien ministre de la Justice d’engager politiquement le mouvement ou de superviser ses activités depuis son lieu de détention.

Les signataires affirment agir au nom de la base du parti et de la nécessité de préserver la continuité de l’organisation politique. Ils considèrent que la NOGEC doit maintenir une direction opérationnelle capable de répondre aux enjeux politiques actuels et d’assurer la mobilisation de ses militants à travers le pays.

Soutien affiché aux orientations du pouvoir

Au-delà de la question du leadership interne, le document marque également une prise de position politique claire. Le collectif réaffirme son adhésion aux orientations du président de la République, Félix Tshisekedi, notamment dans le contexte de la guerre dans l’Est du pays et des tensions persistantes avec le Rwanda.

Les auteurs du texte soutiennent également les initiatives visant un changement de la Constitution. Ils déclarent ainsi « nulle et sans effet » toute démarche ou position interne qui viserait à s’opposer à cette orientation politique.

Cette prise de position pourrait constituer un tournant majeur pour la NOGEC, dont plusieurs responsables avaient, par le passé, exprimé des sensibilités diverses sur les débats institutionnels et constitutionnels en République démocratique du Congo.

Suspension du Bureau politique

Dans les résolutions adoptées, le collectif annonce également la suspension des activités du Bureau politique du parti jusqu’à nouvel ordre. Une décision qui traduit la volonté des initiateurs de restructurer les organes dirigeants afin de répondre à la nouvelle situation créée par l’éviction de Constant Mutamba.

Cette suspension ouvre une période d’incertitude quant à l’organisation interne du mouvement et à l’attitude que pourraient adopter les proches de l’autorité morale écartée.

Dolly Mwanza désignée pour conduire la NOGEC

L’une des décisions les plus importantes du procès-verbal concerne la désignation de Dolly Mwanza comme unique personnalité habilitée à engager politiquement la NOGEC.

Selon le document, Maître Dolly Mwanza exercera, jusqu’à nouvel ordre, l’ensemble des prérogatives traditionnellement dévolues à l’autorité morale du parti. Elle devient ainsi la principale figure chargée de représenter la formation politique, de coordonner ses activités et de prendre les décisions engageant officiellement la NOGEC.

Cette nomination intervient dans un contexte particulièrement sensible où le parti doit gérer simultanément une crise de leadership, des enjeux de repositionnement politique et les répercussions de la situation judiciaire de son fondateur.

Vers une bataille de légitimité ?

Cette décision pourrait toutefois susciter des contestations au sein du mouvement. Des observateurs estiment que la désignation d’une nouvelle direction en l’absence d’un congrès ou d’instances statutaires formellement convoquées pourrait alimenter un débat sur la légitimité de cette démarche.

La réaction de Constant Mutamba et de ses partisans est désormais attendue. Elle pourrait déterminer l’évolution de cette crise interne et l’avenir politique de la NOGEC dans les semaines à venir.

Alors que le paysage politique congolais demeure marqué par les débats sur les réformes institutionnelles et les enjeux sécuritaires dans l’Est du pays, cette restructuration annoncée au sein de la NOGEC pourrait rebattre les cartes pour l’une des formations politiques les plus médiatisées de ces dernières années.

Victoria News suivra de près les développements de ce dossier et les réactions des différentes parties concernées.

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