
L’abbé Urbain Kalonda, prêtre du diocèse de Kongolo, dans la province du Tanganyika, affirme avoir quitté son diocèse pour se réfugier à Kinshasa après avoir dénoncé ce qu’il présente comme des irrégularités dans la gestion de deux écoles conventionnées catholiques. Dans un témoignage rendu public, il dit craindre pour sa sécurité et appelle les autorités ecclésiastiques ainsi que les institutions de l’État à diligenter une enquête indépendante.
Selon l’ecclésiastique, les faits remontent à plusieurs années. Il explique avoir constaté des anomalies présumées dans la gestion administrative et financière de deux établissements scolaires conventionnés relevant du diocèse de Kongolo. Désireux, selon ses déclarations, de privilégier une résolution interne, il affirme avoir porté cette question devant ses confrères prêtres lors d’une réunion organisée en août 2022.
L’abbé Kalonda soutient qu’après l’absence de solution au niveau local, il a officiellement saisi son évêque, puis la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ainsi que la Nonciature apostolique en République démocratique du Congo. Il affirme toutefois que ces différentes démarches n’ont, selon lui, donné lieu à aucune procédure ou investigation.
Des accusations de menaces et d’empoisonnement
Dans ses déclarations, le prêtre accuse également deux confrères du diocèse de Kongolo de lui avoir proféré des menaces de mort. Il affirme en outre avoir été victime d’un empoisonnement, sans que ces allégations n’aient, à ce stade, été confirmées par une enquête judiciaire ou des conclusions médicales rendues publiques.
Estimant que sa sécurité est compromise, l’abbé Kalonda indique vivre à Kinshasa depuis plusieurs mois où il poursuit des soins médicaux. Il assure ne pas être en mesure de retourner dans son diocèse tant que des garanties sécuritaires ne lui seront pas offertes.
Plusieurs institutions saisies
L’abbé Urbain Kalonda affirme avoir multiplié les démarches administratives et institutionnelles afin d’obtenir un traitement de son dossier. Il déclare avoir adressé au total 38 correspondances aux autorités ecclésiastiques avant de saisir plusieurs institutions de la République, notamment la Présidence de la République, la Primature ainsi que le ministère de la Justice.
À travers ces initiatives, il sollicite l’ouverture d’une enquête indépendante susceptible, selon lui, de faire toute la lumière sur les faits qu’il dénonce et d’établir les responsabilités éventuelles.
Aucune réaction officielle à ce stade
À ce jour, le diocèse de Kongolo, les prêtres cités dans les accusations ainsi que les autres responsables ecclésiastiques mentionnés dans les déclarations de l’abbé Urbain Kalonda n’ont pas publiquement réagi à ces allégations.
En l’absence de réponse officielle des personnes mises en cause, ces accusations demeurent, à ce stade, des déclarations de leur auteur et n’ont pas fait l’objet d’une confirmation par une autorité judiciaire ou ecclésiastique compétente.
L’évolution de ce dossier pourrait dépendre d’éventuelles prises de position des autorités religieuses concernées ou de l’ouverture d’investigations par les instances compétentes, comme le réclame le prêtre.


