
La récente décision du président de la République, Félix Tshisekedi, de reconnaître Nkamba comme « ville sainte » continue de susciter des réactions au sein de la sphère religieuse congolaise. Parmi les voix qui s’élèvent, celle de Fulgence Muteba Mugalu se distingue par une mise au point claire et sans ambiguïté.
« La Terre Sainte est unique, c’est là où Jésus est né. J’apprends qu’il y a de nouvelles terres saintes qui naissent de gauche à droite », a-t-il déclaré.
Une position doctrinale ferme
À travers cette déclaration, l’archevêque de Lubumbashi rappelle la compréhension classique, dans la tradition chrétienne, de la notion de « Terre Sainte », historiquement liée à la région de Bethléem, lieu de naissance de Jésus-Christ, ainsi qu’à l’ensemble du Proche-Orient.
Sans citer explicitement la décision présidentielle, ses propos sont largement interprétés comme une réaction à la reconnaissance officielle de Nkamba, haut lieu du Kimbanguisme, fondé par Simon Kimbangu.
Nkamba, symbole spirituel et identitaire
Pour les fidèles kimbanguistes, Nkamba — souvent appelée « Nouvelle Jérusalem » — revêt une importance spirituelle majeure. Elle est considérée comme un centre de pèlerinage et un lieu sacré dans leur foi.
La reconnaissance de cette ville comme « ville sainte » par Félix Tshisekedi s’inscrit, selon certains analystes, dans une volonté de valoriser les identités religieuses nationales et de renforcer la cohésion autour des patrimoines spirituels congolais.
Entre reconnaissance culturelle et débat théologique
Cependant, la sortie de Fulgence Muteba Mugalu met en lumière une tension entre reconnaissance institutionnelle et rigueur doctrinale. Pour une partie de l’Église catholique, l’utilisation du terme « Terre Sainte » ou « ville sainte » ne peut être dissociée de son ancrage biblique historique.
Cette divergence soulève des interrogations sur la place de l’État dans la reconnaissance des symboles religieux, dans un pays marqué par une grande diversité confessionnelle.
Vers un débat national ?
Alors que la décision présidentielle continue de faire débat, les propos de l’archevêque pourraient alimenter une réflexion plus large sur la cohabitation des différentes traditions religieuses en République démocratique du Congo.
Entre respect des croyances locales et fidélité aux doctrines universelles, la question de la « sainteté » des lieux apparaît désormais comme un sujet sensible, à la croisée du religieux et du politique.
En réaffirmant l’unicité de la Terre Sainte, Fulgence Muteba Mugalu relance un débat délicat dans le paysage congolais, où foi, identité et pouvoir politique s’entrecroisent désormais autour d’une notion hautement symbolique.

