
Le débat autour d’un éventuel changement de la Constitution de la République démocratique du Congo continue de susciter des réactions au sein de la société congolaise, y compris dans les milieux religieux. Alors que la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a récemment exprimé sa position à travers une déclaration finale adoptée lors de son Assemblée plénière, certains évêques semblent ne pas partager entièrement les conclusions du document.
Selon plusieurs sources concordantes, l’évêque de Mbuji-Mayi, Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda, n’a pas signé la déclaration finale publiée à l’issue des travaux de la CENCO. Une absence de signature qui est largement interprétée comme une prise de distance vis-à-vis de la position officielle défendue par la conférence épiscopale concernant le débat sur la révision ou le changement de la Constitution.
Plus encore, des informations indiquent que l’évêque de Buta n’a également pas signé le communiqué final, renforçant ainsi l’idée de divergences d’opinions au sein de l’épiscopat congolais sur cette question hautement sensible.
Des sensibilités différentes au sein de l’Église catholique
La CENCO s’est récemment prononcée sur le climat politique national, appelant les acteurs politiques à privilégier l’unité nationale, la paix et la résolution des défis sécuritaires qui affectent particulièrement l’Est du pays. Dans sa communication, l’institution a exprimé des réserves quant à l’opportunité d’ouvrir un débat sur la Constitution dans le contexte actuel.
Cependant, le fait que certains évêques n’aient pas apposé leur signature sur le document final laisse entrevoir l’existence de points de vue différents au sein de l’Église catholique congolaise. Sans remettre en cause leur appartenance à la CENCO, ces prélats semblent vouloir marquer leur indépendance d’appréciation sur une question qui divise aujourd’hui la classe politique et une partie de l’opinion publique.
Un débat qui dépasse le cadre politique
La question de la Constitution s’impose progressivement comme l’un des principaux sujets du débat public en RDC. Les partisans d’une réforme institutionnelle soutiennent qu’aucun texte juridique ne devrait être considéré comme intangible et qu’un débat démocratique reste légitime dans un État de droit.
À l’inverse, les opposants à cette démarche estiment qu’une telle initiative pourrait créer de nouvelles tensions politiques à un moment où le pays fait face à d’importants défis sécuritaires, économiques et sociaux.
Dans ce contexte, la position de certains évêques qui refusent d’endosser officiellement la déclaration finale de la CENCO ajoute une nouvelle dimension à la discussion. Elle démontre que les avis restent partagés, même au sein des institutions traditionnellement perçues comme unies sur les grandes questions nationales.
Vers une intensification du débat
L’absence des signatures de Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda et de l’évêque de Buta pourrait alimenter davantage les discussions dans les prochains jours. Plusieurs observateurs estiment que cette situation illustre la complexité du débat constitutionnel en RDC et la diversité des sensibilités qui existent au sein des différentes composantes de la société.
Alors que le pays s’interroge sur son avenir institutionnel, cette divergence au sein de l’épiscopat catholique rappelle que le débat sur la Constitution ne se limite plus aux seuls acteurs politiques, mais touche désormais les sphères religieuses, sociales et intellectuelles de la nation.


