
Le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, a officiellement présenté sa démission de ses fonctions à travers une lettre adressée au Président de la République, Félix Tshisekedi, datée du 21 mai 2026. Ce document, largement relayé sur les réseaux sociaux et confirmé par plusieurs médias congolais, marque un tournant majeur dans la vie politique de cette province stratégique de la République démocratique du Congo.
Dans cette correspondance rédigée depuis Kinshasa, Jacques Kyabula explique avoir pris cette décision « avec un esprit de responsabilité républicaine », invoquant notamment son absence prolongée du Haut-Katanga durant une période jugée sensible sur le plan sécuritaire et institutionnel. Selon ses propres termes, cette situation aurait suscité « des interrogations légitimes ainsi que des critiques » concernant sa présence à la tête de la province.
Le désormais gouverneur démissionnaire affirme avoir exercé ses fonctions avec « loyauté, engagement et un profond sens du devoir envers la République ». Il souligne également sa volonté de préserver « la sérénité des institutions » ainsi que le bon fonctionnement de l’administration provinciale, estimant nécessaire d’assumer les conséquences politiques et administratives liées à cette situation.
Cette démission intervient dans un contexte particulier pour la province du Haut-Katanga, considérée comme le cœur économique de la RDC grâce à son immense potentiel minier, notamment dans l’exploitation du cuivre et du cobalt. Ces derniers mois, l’absence prolongée de Jacques Kyabula avait déjà alimenté de nombreuses spéculations politiques et administratives. En juillet 2025, l’intérim du gouvernorat avait d’ailleurs été confié à son vice-gouverneur, Martin Kazembe, suite à son indisponibilité prolongée.
Élu gouverneur du Haut-Katanga en 2019, Jacques Kyabula Katwe était devenu l’une des figures politiques majeures de l’espace katangais. Ancien membre du PPRD avant de créer son propre parti politique, ARDev, il s’était progressivement rapproché de l’Union sacrée du président Félix Tshisekedi.
Dans sa lettre de démission, Jacques Kyabula indique également rester disponible pour continuer à servir la République « sous toute autre forme » que les autorités jugeraient utile. Une formule qui laisse ouverte la possibilité d’un repositionnement politique au niveau national dans les prochains mois.
À ce stade, aucune communication officielle n’a encore été faite par la Présidence de la République concernant l’acceptation formelle de cette démission ni sur les dispositions qui seront prises pour assurer la continuité de l’exécutif provincial au Haut-Katanga.



