
Le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, a publié un communiqué officiel (n°003/PGCCAS/2026) afin d’apporter des éclaircissements sur la lettre ayant interdit la sortie du territoire national à plusieurs personnalités et responsables d’entreprises du Groupe Rawji. Ce document intervient après la large diffusion de cette correspondance sur les réseaux sociaux et dans les médias.
Selon le communiqué, la lettre du 20 juin 2026, rendue publique le 3 juillet, concernait notamment Mustafa Rawji, Mazhar Rawji, Uzair Rawji, Zain Rawji, Jules Alingete Key, Kiala Ndombele, Nanu Mukawa (alias Nanu Alingete) ainsi que Jok Ukelo.
Le Procureur général confirme l’authenticité de cette correspondance, tout en précisant que la mesure d’interdiction de sortie du territoire avait déjà été levée avant sa diffusion massive sur les réseaux sociaux, les investigations ayant connu une évolution significative.
Une enquête ouverte sur instruction du ministère de la Justice
Le communiqué indique que les investigations ont été ouvertes à la suite d’une injonction du ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux. L’objectif était d’ouvrir une instruction judiciaire sur des faits présumés impliquant des personnes physiques ainsi que des sociétés du Groupe Rawji, dont Rawbank SA, afin d’établir d’éventuelles responsabilités pénales.
Le Parquet souligne que cette procédure s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux.
Une mesure conservatoire, pas une condamnation
Le Procureur général insiste sur le fait que l’interdiction de sortie du territoire ne constituait ni une sanction ni une reconnaissance de culpabilité. Il s’agissait d’une mesure conservatoire destinée à garantir la disponibilité des personnes concernées pendant la phase de collecte des informations et des auditions.
Le communiqué rappelle également qu’à ce stade de la procédure, aucune preuve définitive n’établit la culpabilité des personnes visées, invitant ainsi l’opinion publique à respecter le principe de la présomption d’innocence.
Certains faits déjà examinés par la justice
Le Parquet général précise par ailleurs que certains des faits évoqués dans ce dossier avaient déjà été examinés par la justice par le passé, donnant parfois lieu à des décisions de non-lieu.
En conclusion, Firmin Mvonde Mambu appelle à éviter toute interprétation hâtive et rappelle que seules les conclusions de l’instruction judiciaire permettront d’établir les responsabilités éventuelles des personnes concernées.
Cette mise au point vise à clarifier une affaire qui a suscité de nombreuses réactions dans l’opinion publique, tout en rappelant que les enquêtes judiciaires doivent se dérouler dans le respect des garanties prévues par la loi et de la présomption d’innocence.



