
Le député provincial Aubain Mukanu Isukama a officiellement déposé, ce mercredi 20 mai 2026, une question orale avec débat adressée au Gouverneur de la Ville-Province de Kinshasa, invoquant les prérogatives constitutionnelles et réglementaires reconnues aux élus provinciaux pour contrôler l’action de l’Exécutif provincial.
Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, l’élu affirme agir « au nom du peuple kinois », dénonçant ce qu’il qualifie d’« effondrement progressif de la gouvernance de Kinshasa ».
Selon le document transmis à l’Assemblée provinciale de Kinshasa, cette démarche s’appuie sur l’article 197 de la Constitution de la République démocratique du Congo ainsi que sur les articles 186 et 192 du Règlement intérieur de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Le dernier alinéa de l’article 186 précise notamment que toute question orale portant sur la politique générale doit être adressée directement au Gouverneur de la ville.
Une interpellation centrée sur la gestion de Kinshasa
Dans son argumentaire, l’honorable Aubain Mukanu affirme que sa démarche ne relève ni d’un « règlement de comptes » ni d’une « agitation politicienne », mais d’un devoir républicain face aux difficultés croissantes que traverse la capitale congolaise.
Le député dresse un tableau sombre de la situation actuelle à Kinshasa, évoquant notamment :
- les routes fortement dégradées ;
- les embouteillages devenus insoutenables ;
- les chantiers publics jugés interminables ;
- l’insécurité persistante ;
- l’insalubrité grandissante ;
- les marchés anarchiques ;
- la paralysie des services publics ;
- ainsi que les salaires impayés dans plusieurs secteurs.
« Kinshasa souffre. Kinshasa étouffe. Kinshasa recule », martèle-t-il dans sa déclaration.
Des interrogations sur la gestion financière
L’élu provincial exige également davantage de transparence sur la gestion des finances publiques de la ville-province.
Parmi les principales préoccupations soulevées figurent :
- les véritables priorités budgétaires pour l’exercice 2026 ;
- l’absence présumée des rapports d’exécution budgétaire ;
- le manque de résultats visibles pour la population ;
- ainsi que la gestion des fonds affectés aux grands projets provinciaux.
Le député provincial s’interroge également sur certains projets qualifiés de « coûteux », notamment la construction de résidences officielles destinées au Gouverneur et au Président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, ainsi que celle d’un nouveau siège du Parlement provincial.
Pour Aubain Mukanu, ces dépenses interviennent alors que la ville fait face à de graves difficultés liées aux infrastructures, à l’insécurité et à l’insalubrité.
Une critique du fonctionnement de l’Exécutif provincial
Dans sa sortie, le député provincial critique également le rythme de fonctionnement de l’Exécutif provincial, estimant que certaines activités officielles ne débuteraient qu’en fin d’après-midi alors que la population endure quotidiennement les conséquences du désordre urbain dès les premières heures de la journée.
« Kinshasa n’a pas besoin de slogans ni de propagande. Kinshasa a besoin de vérité, de transparence, de résultats et du respect de l’argent public », affirme-t-il.
L’élu conclut en estimant que « l’heure n’est plus aux effets d’annonce », mais à la reddition des comptes devant la population kinoise.
Cette initiative pourrait ouvrir un nouveau débat politique au sein de l’Assemblée provinciale de Kinshasa autour de la gouvernance de la capitale congolaise et de la gestion des finances publiques provinciales.



