
La province de l’Ituri est une nouvelle fois frappée par un drame sanitaire majeur. Le docteur Blaise Tibenderana est décédé lundi 25 mai au Centre de prise en charge Ebola (CME) de Bunia, des suites présumées de la maladie à virus Ebola, selon plusieurs sources médicales concordantes.
Cette disparition intervient quelques jours seulement après le décès du docteur Vladimir Maduali, également emporté par le virus dans un contexte marqué par la résurgence de la souche Bundibugyo, une variante particulièrement préoccupante pour laquelle aucun vaccin homologué n’est actuellement disponible.
Une situation sanitaire de plus en plus alarmante
Depuis plusieurs semaines, les autorités sanitaires congolaises et les organisations humanitaires alertent sur une propagation rapide de l’épidémie dans plusieurs zones de santé de l’Ituri, notamment à Rwampara, Mongwalu et Bunia. Selon des données relayées récemment par différentes sources sanitaires, des centaines de cas suspects et plusieurs dizaines de cas confirmés sont déjà recensés dans la région.
Les professionnels de santé figurent parmi les premières victimes de cette flambée épidémique. En première ligne dans la prise en charge des malades, plusieurs médecins et infirmiers dénoncent un manque d’équipements de protection, des capacités limitées de traitement ainsi qu’une insuffisance des structures adaptées à l’ampleur de la crise.
Des centres Ebola incendiés dans un climat de tension
La situation sécuritaire et sociale complique davantage la riposte sanitaire. La semaine dernière, des centres de traitement Ebola situés à Rwampara et à Mongwalu ont été incendiés dans un climat de colère et de méfiance autour de la gestion des corps des victimes.
Ces actes ont fortement perturbé les opérations médicales et accru les inquiétudes des équipes sanitaires déployées sur le terrain. Plusieurs habitants restent encore réticents face aux mesures de prévention imposées par les autorités, notamment concernant les enterrements sécurisés et les restrictions liées aux rassemblements publics.
Les autorités appellent au respect strict des mesures barrières
Face à la progression du virus, les professionnels de santé multiplient les appels à la vigilance. Ils exhortent la population au respect strict des mesures barrières : lavage régulier des mains, limitation des contacts physiques, signalement rapide des cas suspects et coopération avec les équipes médicales.
L’Organisation mondiale de la santé a récemment qualifié le risque lié à cette épidémie de « très élevé » pour la RDC, tout en soulignant que la propagation régionale demeure une menace sérieuse si la riposte n’est pas rapidement renforcée.
Dans une région déjà fragilisée par l’insécurité et les déplacements de populations, cette nouvelle perte humaine illustre l’ampleur du défi auquel fait face le système sanitaire congolais

