
Une nouvelle controverse éclate autour d’un dossier foncier à Kinshasa. L’économiste et homme politique Noël Tshiani Kabamba affirme que le ministère de la Justice aurait tenté d’interférer dans une procédure judiciaire en cours portant sur la propriété de sa parcelle n°3052, située sur le boulevard Tshatshi, dans la commune de la Gombe. Des accusations graves qui relancent le débat sur l’indépendance de la justice en République démocratique du Congo.
Selon une déclaration rendue publique par Noël Tshiani, l’affaire concernant la parcelle litigieuse était déjà prise en délibéré par le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe lorsque le ministre de la Justice aurait adressé, le 20 mai 2026, une correspondance évoquant ce dossier.
Dans son communiqué, Noël Tshiani estime que cette démarche constitue une tentative d’influencer le travail des magistrats.
« Alors que le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe a clos les débats et pris l’affaire en délibéré, une lettre du ministre de la Justice datée du 20 mai 2026 s’apparente à une injonction malhonnête destinée à orienter la décision des juges en faveur de l’une des parties au conflit », affirme-t-il.
Une lettre au cœur de la polémique
Les documents rendus publics montrent une correspondance signée par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, adressée notamment au président du Conseil économique et social, avec copie à plusieurs hautes autorités de l’État.
Dans cette lettre, le ministre indique notamment que le certificat d’enregistrement sur lequel Noël Tshiani fonde ses prétentions aurait été annulé à la suite de décisions judiciaires définitives remontant à plus de vingt ans. Il ajoute qu’il demeure convaincu que la justice rendra une décision conforme à la légalité et au respect des droits du propriétaire qu’il considère comme légitime.
Noël Tshiani dénonce un trafic d’influence
Pour Noël Tshiani, cette correspondance constitue un précédent inquiétant pour l’État de droit. Il affirme que le ministère de la Justice « flirte avec le trafic d’influence et la spoliation foncière » et estime que de telles pratiques portent atteinte à la crédibilité des institutions judiciaires.
L’ancien candidat à l’élection présidentielle appelle les magistrats à exercer leur mission en toute indépendance.
« Je demande simplement que les juges soient libres de se prononcer conformément aux faits et aux lois du pays », déclare-t-il.
Un dossier qui pourrait alimenter le débat sur l’indépendance de la justice
Cette affaire intervient dans un contexte où les questions relatives à la gouvernance judiciaire et à la sécurité foncière demeurent sensibles en République démocratique du Congo. Les accusations formulées par Noël Tshiani mettent directement en cause l’impartialité de l’administration de la justice, tandis que la lettre du ministère présente une lecture juridique différente du dossier.
À ce stade, aucune décision judiciaire définitive concernant cette procédure n’a été rendue publique, et les allégations de tentative d’influence formulées par Noël Tshiani n’ont pas été établies par une juridiction. Le ministère de la Justice n’a, à ce stade, pas publié de réponse spécifique aux accusations contenues dans cette dénonciation.
L’évolution de cette affaire sera suivie avec attention, tant pour ses implications foncières que pour les questions qu’elle soulève sur le respect du principe d’indépendance de la justice en RDC.
Rédaction : Victoria Media | L’info au cœur de l’action



