
Au lendemain du sit-in organisé par l’opposition congolaise devant le Palais du Peuple, le président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), Paul Nsapu Mukulu, s’est exprimé sur les incidents ayant émaillé cette manifestation. Tout en reconnaissant l’existence de plusieurs victimes, il a appelé à la prudence concernant les informations circulant sur les décès, les disparitions et les arrestations.
Selon Paul Nsapu, certaines informations relayées sur les réseaux sociaux ne correspondent pas nécessairement aux premiers éléments recueillis par les enquêteurs de la CNDH. Il a notamment indiqué qu’une personne présentée comme décédée lors des affrontements serait en réalité vivante et actuellement prise en charge. Il a également affirmé qu’un autre individu aperçu dans des vidéos largement diffusées sur internet se trouverait au camp de Lufungula et serait en voie d’être libéré.
Le président de la CNDH a par ailleurs révélé qu’un jeune homme interpellé à proximité du Palais du Peuple aurait reconnu devant les officiers de police judiciaire être en possession d’une machette retrouvée sur le lieu des manifestations. D’après ses déclarations, ce dernier aurait également affirmé être proche de l’opposition politique. Toutefois, la CNDH poursuit ses vérifications afin d’établir avec exactitude les circonstances des faits.
Concernant le bilan humain, Paul Nsapu a insisté sur la nécessité d’éviter toute conclusion hâtive. Il a déclaré ne pas être en mesure de confirmer les chiffres avancés jusqu’à présent, notamment en ce qui concerne le nombre de morts. Selon lui, les investigations menées jusque-là permettent seulement d’identifier plusieurs personnes arrêtées, interpellées ou signalées disparues, sans qu’un bilan définitif puisse encore être établi.
Le responsable de la CNDH a également rappelé que son institution, investie d’un mandat légal de protection et de promotion des droits humains, a déjà déployé des équipes sur le terrain. Une enquête officielle a été ouverte afin de documenter les violences, les éventuelles violations des droits fondamentaux et les responsabilités des différentes parties impliquées dans les événements du 12 juin.
« Nous sommes une institution nationale des droits de l’homme et non une ONG. Nous avons lancé une enquête qui va se poursuivre et nous produirons un rapport détaillé dans les prochains jours », a-t-il déclaré, soulignant la volonté de la CNDH de faire toute la lumière sur les incidents survenus lors de cette mobilisation politique.
Alors que l’opposition continue de dénoncer une répression de son rassemblement et que plusieurs organisations réclament des explications sur le sort de certains manifestants, les conclusions de l’enquête de la CNDH sont désormais attendues pour établir les responsabilités et clarifier le bilan réel des événements qui ont secoué la capitale congolaise.
Rédaction – Victoria News



