
Les échanges entre figures de l’opposition congolaise continuent d’alimenter le débat politique. Cette fois, c’est Rodrigue Ramazani, secrétaire général d’ENVOL, le parti dirigé par Delly Sesanga, qui a vivement réagi aux récentes prises de position de l’opposant Seth Kikuni, en opposant l’engagement sur le terrain à l’activisme politique mené depuis l’étranger.
Dans une déclaration largement relayée sur les réseaux sociaux, Rodrigue Ramazani affirme que Seth Kikuni a quitté la République démocratique du Congo avec l’appui de l’ambassade de Belgique afin d’échapper aux menaces qu’il dit avoir subies sous le régime du président Félix Tshisekedi. Il oppose cette situation à celle de plusieurs responsables politiques, dont Delly Sesanga, qui auraient choisi de demeurer en RDC malgré un contexte sécuritaire qu’il qualifie de particulièrement hostile.
Selon le secrétaire général d’ENVOL, plusieurs leaders de l’opposition ont affronté les conséquences des manifestations du 12 juin 2026, marquées, selon diverses dénonciations, par une répression ayant fait usage de balles réelles et par des violences attribuées à des partisans du pouvoir. Il souligne que ces responsables politiques avaient également la possibilité de rester à l’étranger, notamment lors de leur passage au Burundi, mais qu’ils ont préféré rentrer à Kinshasa pour poursuivre leur combat politique.
Rodrigue Ramazani reproche également à Seth Kikuni de commenter la situation politique congolaise depuis l’Europe, estimant qu’il existe une différence fondamentale entre ceux qui continuent à exercer leur action politique sur le territoire national en assumant les risques, et ceux qui interviennent principalement à distance.
« La différence est là : les uns risquent leur vie à mains nues pour défendre leurs convictions sur le terrain, tandis que d’autres donnent des leçons depuis l’étranger », affirme-t-il.
Le dirigeant d’ENVOL appelle par ailleurs au respect envers les acteurs politiques qui, selon lui, continuent d’assumer personnellement les conséquences de leur engagement.
Une pique contre la plateforme « Sauvons le Congo »
Rodrigue Ramazani s’en est également pris aux personnes qui présentent la plateforme « Sauvons le Congo » comme la principale force d’opposition actuelle. Il estime que cette crédibilité devrait d’abord se traduire par une présence active sur le terrain à Kinshasa, où cette plateforme dispose déjà de représentants.
À ses yeux, l’opposition ne peut se limiter à des déclarations diffusées depuis l’étranger, mais doit démontrer sa capacité à mobiliser et à agir directement au sein du pays.
Un climat politique toujours sous tension
Cette nouvelle sortie illustre les divisions persistantes au sein de l’opposition congolaise, où les divergences portent désormais autant sur les stratégies de lutte contre le pouvoir que sur les méthodes d’engagement politique.
Alors que certains responsables poursuivent leurs activités depuis l’extérieur du pays pour des raisons de sécurité, d’autres revendiquent une présence permanente sur le terrain comme preuve de leur détermination. Ces débats interviennent dans un contexte marqué par de fortes tensions politiques et des accusations récurrentes concernant les restrictions des libertés publiques.
À ce stade, Seth Kikuni n’a pas publiquement réagi aux déclarations de Rodrigue Ramazani.
La rédaction suivra l’évolution de ce dossier et publiera toute réaction des parties concernées afin de garantir un traitement équilibré de l’information.



