
Le procès de la chanteuse congolaise Rebo Tchulo se poursuit ce jeudi devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema, avec l’ouverture de la phase d’instruction de cette affaire qui suscite une vive attention de l’opinion publique congolaise. Cette audience marque une étape importante dans la recherche de la vérité autour des faits présumés de violences commis contre un chauffeur dans une résidence privée de Kinshasa.
Au total, treize militaires sont poursuivis dans ce dossier, dont quatre actuellement en fuite. Ils répondent notamment des accusations de torture, extorsion, concussion et violation des consignes militaires. Ces poursuites découlent d’une enquête ouverte à la suite de la diffusion, en avril dernier, d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, montrant un homme soumis à des sévices corporels infligés par des militaires.
Rebo Tchulo accusée d’incitation
De son côté, l’artiste musicienne Rebo Tchulo, de son vrai nom Déborah Mulanga Tshimpaka, est poursuivie pour incitation de militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline militaire. Selon les éléments retenus par le ministère public, la chanteuse aurait joué un rôle dans les événements ayant conduit aux violences dénoncées.
L’affaire trouve son origine dans un incident survenu lors d’un tournage de clip vidéo à Kinshasa. La victime présumée, identifiée comme un chauffeur, aurait été accusée du vol d’un sac appartenant à l’artiste. Les circonstances exactes des faits restent au cœur des débats judiciaires et devront être établies au cours de l’instruction.
Une audience décisive
Après le renvoi de l’affaire le 28 mai dernier en raison de l’absence de la prévenue, qui avait invoqué un deuil familial, le tribunal avait fixé la reprise des audiences à ce jeudi 4 juin. Les juges avaient également décidé de transférer les audiences de la prison centrale de Makala vers le siège du Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema afin de garantir un meilleur déroulement des débats.
L’audience de ce jour est consacrée au début de l’examen approfondi du dossier. Le tribunal devrait notamment entendre les prévenus, examiner les éléments de preuve versés au dossier et recueillir les témoignages susceptibles d’éclairer les responsabilités de chacun.
Une affaire suivie de près
Cette procédure judiciaire est l’une des plus médiatisées de ces derniers mois en RDC, en raison de l’implication d’une personnalité du monde culturel et de la gravité des faits reprochés. Les organisations de défense des droits humains, les acteurs de la société civile ainsi qu’une partie de l’opinion publique suivent avec attention l’évolution du dossier, considéré comme un test de la capacité de la justice militaire à sanctionner les abus présumés commis par des hommes en uniforme.
Les prochaines audiences devraient permettre de déterminer le degré d’implication de chaque accusé et d’établir les responsabilités pénales dans cette affaire qui continue d’alimenter les débats au sein de la société congolaise.

