
L’ancien chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le général Christian Tshiwewe, comparaît ce jeudi devant la Haute Cour militaire dans une affaire aux implications sécuritaires et politiques majeures.
Selon l’acte d’accusation présenté par le ministère public, plusieurs infractions graves sont retenues à sa charge. Les autorités judiciaires lui reprochent notamment la détention illégale d’armes et de munitions de guerre découvertes dans sa résidence située dans la commune de la Gombe à Kinshasa.
Le général Tshiwewe est également poursuivi pour violation d’une consigne générale donnée à la troupe, alors qu’il était investi de la responsabilité de veiller personnellement à son application et à son respect au sein des FARDC.
Recrutement illégal d’officiers et utilisation à des fins personnelles
Le ministère public accuse en outre l’ancien chef de l’armée congolaise d’avoir recruté et utilisé des officiers supérieurs des FARDC à des fins personnelles, en dehors du cadre légal et réglementaire régissant les forces armées.
Ces accusations s’ajoutent à des charges encore plus lourdes portant sur une supposée participation à un complot visant à détruire ou à modifier l’ordre constitutionnel établi en République démocratique du Congo.
Un présumé projet de changement du régime par les armes
D’après les éléments avancés par l’accusation, Christian Tshiwewe aurait participé à un réseau composé de plusieurs officiers supérieurs et généraux, dont les généraux John Numbi et Pascal Nyembo, dans le but présumé de renverser le régime constitutionnel par la force des armes.
La Haute Cour militaire soutient que les différents prévenus auraient élaboré et coordonné ce projet à travers plusieurs rencontres organisées discrètement, notamment lors de réunions nocturnes qui se seraient tenues dans la résidence de l’ancien chef d’état-major général.
Les magistrats militaires estiment que l’accusé aurait adhéré à ce projet et participé activement à sa préparation, des faits que la justice devra désormais examiner au cours des audiences.
Dix officiers poursuivis dans ce dossier
Christian Tshiwewe figure parmi les dix officiers supérieurs des FARDC appelés à répondre devant la Haute Cour militaire dans cette affaire qualifiée de sensible par plusieurs observateurs.
Parmi les coaccusés figure également le général John Ngoyi wa Kabila, ancien officier d’ordonnance de l’ex-président Joseph Kabila. Les généraux Pascal Nyembo et John Numbi sont, pour leur part, jugés par contumace en raison de leur absence à la procédure.
Une affaire suivie de près
Ce procès intervient dans un contexte marqué par les préoccupations liées à la stabilité institutionnelle et à la sécurité nationale en RDC. Les audiences devraient permettre à la Haute Cour militaire d’examiner les éléments à charge et à décharge afin de déterminer les responsabilités individuelles des différents prévenus.
Conformément au principe de la présomption d’innocence, les personnes poursuivies sont considérées comme innocentes jusqu’à l’établissement définitif de leur culpabilité par une décision de justice devenue irrévocable.


