
Par la rédaction
La députée belge d’origine congolaise Lydia Mutyebele a vivement interpellé la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Nicole de Moor, à la suite de récentes déclarations controversées et d’une campagne de “dissuasion” menée à destination des candidats à l’asile en République démocratique du Congo (RDC). Au cœur de la polémique : des propos attribuant aux demandeurs congolais une démarche motivée par le “profit”, une lecture que la parlementaire juge “déconnectée de la réalité” et “profondément insultante”.
Une sortie politique qui suscite l’indignation
Dans son intervention, Lydia Mutyebele dénonce une généralisation qu’elle qualifie de “déni flagrant” des causes profondes des flux migratoires en provenance de la RDC. Selon elle, réduire les demandes d’asile à des motivations opportunistes revient à ignorer les dynamiques sécuritaires et humanitaires qui affectent le pays.
La parlementaire estime que cette communication politique, inscrite dans une logique de dissuasion, risque non seulement de fragiliser la crédibilité de la Belgique en matière de droits humains, mais aussi d’alimenter des stéréotypes à l’égard des Congolais vivant en Europe.
Un contexte sécuritaire explosif en RDC
L’argumentaire de Lydia Mutyebele s’appuie sur la détérioration persistante de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC. Elle pointe notamment les violences attribuées au M23 et à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), accusés d’être soutenus par le Rwanda, une implication régulièrement évoquée dans plusieurs rapports internationaux.
Depuis 2025, les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri connaissent une recrudescence des affrontements armés, entraînant des déplacements massifs de populations civiles. À cette instabilité s’ajoute la crise des Mobondo dans l’ouest du pays, aux abords de la capitale Kinshasa, contribuant à un climat d’insécurité généralisée.
Pour la députée, ces réalités illustrent clairement que les départs de Congolais vers l’Europe relèvent d’une logique de survie plutôt que d’une stratégie économique.
Une diaspora mobilisée et indignée
Au-delà du débat politique, les propos incriminés ont provoqué une onde de choc au sein de la diaspora congolaise en Belgique. Lydia Mutyebele évoque une communauté “humiliée et en colère”, dénonçant une stigmatisation injuste d’un peuple confronté à des crises multiples.
Plusieurs voix au sein de la société civile et des organisations diasporiques ont également exprimé leur désapprobation, appelant à une communication plus responsable de la part des autorités belges sur les questions migratoires.
Un appel à la responsabilité politique
Dans sa conclusion, Lydia Mutyebele appelle la Belgique à “assumer ses responsabilités” sur la scène internationale. Elle plaide pour une reconnaissance explicite des causes géopolitiques des déplacements forcés en RDC, notamment les ingérences étrangères, et pour une politique d’asile fondée sur la protection des personnes vulnérables.
Ce nouvel épisode met en lumière les tensions croissantes autour des politiques migratoires en Europe, où la question de l’équilibre entre contrôle des flux et respect des droits fondamentaux reste au centre des débats.



