
Une délégation de membres de la communauté Banyamulenge, accompagnée d’autres Congolais de la diaspora, a récemment rencontré l’ambassadeur de la République démocratique du Congo aux États-Unis, Serge Mombouli, en marge d’une manifestation organisée pour attirer l’attention sur la situation sécuritaire préoccupante dans l’Est du pays.
Au cœur des échanges : la dégradation persistante de la sécurité dans les hauts et moyens plateaux du Sud-Kivu, notamment dans la région de Minembwe, théâtre de tensions récurrentes entre groupes armés et communautés locales.
Un appel explicite à la responsabilité de l’État congolais
Selon les représentants de la délégation, leur démarche s’inscrit dans une logique de réaffirmation de leur appartenance nationale et de leur confiance envers les institutions sécuritaires congolaises. « Nous avons demandé à l’ambassadeur de faire tout son possible pour rétablir la paix à l’Est de la RDC en général, et dans notre région en particulier », a déclaré un membre du groupe.
Dans une prise de position claire, ces derniers ont tenu à se désolidariser de toute collaboration avec des forces étrangères ou des groupes rebelles opérant dans la région, notamment le mouvement du Mouvement du 23 mars (M23). « Nous n’avons jamais fait appel aux forces militaires rwandaises ni au M23 pour assurer notre sécurité », ont-ils insisté.
Rejet des ingérences et dénonciation des manipulations
La délégation a également dénoncé ce qu’elle qualifie de tentatives de récupération et de manipulation de la communauté Banyamulenge par des intérêts extérieurs, pointant notamment du doigt le rôle présumé du président rwandais Paul Kagame dans l’instabilité persistante de la région.
Cette déclaration intervient dans un contexte régional tendu, marqué par des accusations récurrentes de Kinshasa contre Kigali pour son soutien présumé à certains groupes armés opérant dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Une exigence claire : « rien que la paix »
Au-delà des considérations politiques et sécuritaires, le message central porté par cette délégation reste sans ambiguïté : la paix. « Nous exigeons le retour de la paix, rien que la paix », ont martelé les représentants, appelant les autorités congolaises à intensifier leurs efforts pour restaurer l’autorité de l’État et garantir la protection de toutes les communautés sans distinction.
Un signal à la diaspora et à la communauté internationale
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large d’implication de la diaspora congolaise dans les questions nationales, notamment en ce qui concerne la crise sécuritaire à l’Est. Elle vise également à influencer les relais diplomatiques et internationaux afin d’accélérer les processus de stabilisation dans une région en proie à des conflits armés persistants.
Alors que les appels à la paix se multiplient, la pression reste forte sur les autorités congolaises et leurs partenaires pour apporter des réponses concrètes et durables à une crise qui continue d’affecter des millions de civils.

